Solidarité et développement durable: l’approche Urgence Réhabilitation Développement

En 2015, le Programme des Nations Unies pour le Développement a adopté une liste de 17 objectifs pour soutenir le développement durable, afin d’« éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous ».

Ainsi, sous l’impulsion du PNUD, des institutions internationales, des Etats et surtout du secteur associatif, les actions humanitaires intégrant les objectifs du développement durable et d’autres, portant exclusivement sur celui-ci, se multiplient. En effet, la logique du développement durable s’intègre naturellement dans la solidarité internationale puisqu’elle vise à assurer un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable1.

L’objectif des actions de solidarités internationales intégrant le développement durable est ainsi non-seulement d’améliorer les conditions de vie des populations bénéficiaires, mais aussi de les autonomiser sur la durée et accroître leur résilience.

Ce mouvement de systématisation des approches durables dans les actions humanitaires entraîne un besoin croissant de compétences dans les domaines techniques qui y sont liées. Mais, dans quelles mesures les Organismes de Solidarité Internationale ont-ils besoins de compétences en la matière ?

 

L’approche Urgence Réhabilitation Développement

L’approche URD est une méthode construction des actions de solidarité adoptée par un grand nombre d’OSI visant à prévoir un continuum entre réponses immédiates aux crises humanitaires, opérations de reconstruction des populations et autonomisation de long-terme.

Cette méthode est valorisée par les bailleurs humanitaires dans la mesure où elle permet d’éviter les crises futures et aux bénéficiaires d’entrer dans un processus d’intégration sociale et économique.

Mais faire le lien entre ces trois domaines de l’humanitaire demande d’élaborer une approche globale des crises humanitaires auxquelles les OSI doivent faire face et donc de comprendre les causes profondes de ces crises.

De fait, les acteurs de la solidarité internationale – opérationnels et bailleurs – ont besoin de personnes capables d’analyser les différents niveaux d’une crise et de coordonner des actions cohérentes pour non-seulement répondre aux besoins immédiats des populations bénéficiaires, mais également leur donner des moyens concrets d’éviter les crises avenir.

 

Les besoins des OSI en matière de développement durable

Cette évolution de l’approche de l’humanitaire pousse les OSI à rechercher des compétences spécifiquement liées au développement durable. Ces besoins peuvent se découper en trois catégories ; lesquelles correspondent aux niveaux de réponse aux crises.

Premièrement, les OSI ont besoin de personnes spécialisées dans le plaidoyer en matière de développement durable. Ces postes correspondent à la préparation de la méthode URD, dans la mesure où ils se concrétisent par la définition de bonnes pratiques en matière d’action humanitaire de long-terme et leur promotion auprès des Etats, des bailleurs et des autres OSI. Ces postes nécessitent une connaissance globale des enjeux du développement durable, ainsi qu’un esprit de synthèse développé et une bonne maîtrise rédactionnelle en français comme en anglais. De plus, ces postes impliquent la présentation et la défense des propositions des OSI en matière de lien URD. C’est pourquoi, une bonne connaissance des bailleurs institutionnels, ainsi que du fonctionnement des partenariats et une aisance à l’oral sont valorisés dans ces derniers.

Deuxièmement, les acteurs de la solidarité ont besoin de personnes spécialisées dans la gestion de crises. Ces postes correspondent à l’application de la méthode UDR dans l’élaboration d’un projet d’action. Ils opèrent au niveau du management de projet et nécessitent une connaissance précise de la crise ciblée, de la population bénéficiaires et de la zone géographique dans laquelle va se dérouler le projet. Pour ces postes, les personnes avec une expérience de terrain dans la zone en question seront donc valorisées. Au niveau technique, ces postes requièrent une connaissance globale de l’efficacité des techniques d’empowerment économique, de gestion de l’eau, de l’énergie et des ressources alimentaires, ainsi qu’une grande capacité d’adaptation aux contraintes locales.

Enfin, les OSI ont besoin de techniciens dans le domaine de l’énergie, de l’agriculture, de l’eau et de l’hygiène pour mettre en œuvre de manière concrète l’approche URD. Les profils en la matière sont aussi divers que les besoins des populations sont étendus. Cela va de l’électricien, à l’agronome, en passant par le chauffagiste, le plombier ou le médecin formateur.

De nombreuses OSI se spécialisent aujourd’hui dans l’approche URD et il est à parier que leurs besoins vont croître dans les années futures. Enfin, il est temps de revisiter l’ancien proverbe de Confucius « quand un Homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson », en l’adaptant à l’esprit de la solidarité international : « Quand des gens ont faim, commence par leur donner du poisson, apprend leur à pêcher, assure-toi qu’ils aient assez de bois pour fabriquer des cannes à pêche et que leurs eaux soient toujours poissonneuses ».


Illustration: Visa Solidaire – Jérémie Thirion
Sources: 
1
: Institut National de la Statistique et de Etudes Economiques

De Thomas Kubler

Thomas Kubler
Manageur de Projets Solidaires | Spécialisé dans le développement durable et la résilience des populations | Co-fondateur d'Echo Solidaire

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