Moustique tigre : face à sa propagation européenne, 6 conseils pour passer un été tranquille.

Chikungunya, dengue, zika, fièvre jaune… toutes ces pathologies ont un point commun: le moustique tigre. Si ces maladies aux affinités tropicales n’ont pas vocation à se développer sous nos latitudes, leur vecteur, le moustique tigre, semble s’adapter de mieux en mieux à nos régions européennes. Alors que l’été semble avoir pris ses aises, Echo Solidaire vous propose un focus sur le moustique tigre et vous propose 6 conseils pour lutter contre sa propagation.

Zébré, silencieux, diurne… aucun doute sur le moustique tigre

Avec sa silhouette fine, sa grandeur de la taille d’un grain de riz, son vol lent et désordonné, ses pattes et son abdomen zébrés, il y a peu de risques de se tromper. Aedes Albopictus, plus connu sous le nom de « moustique tigre » fait aujourd’hui partie de la liste des désagréments estivaux que l’on rencontre de plus en plus fréquemment sous nos latitudes.
Membre de la grande famille des moustiques Aedes, le moustique tigre est originaire de l’Asie du sud-est. Il serait arrivé en Europe par le biais du commerce de vieux pneus et depuis il établit en général ses quartiers dans les zones urbaines et péri-urbaines, à proximité des zones d’eaux stagnantes.

A la différence de ses cousins d’Europe, le moustique tigre a la particularité d’avoir une activité considérée comme diurne. Il est donc principalement actif au lever du jour et à la tombée de la nuit, ainsi que dans les zones peu lumineuses ou boisées. Autre exception caractéristique, quand il vole, le moustique tigre est parfaitement silencieux, ce qui lui vaut probablement la palme de la fourberie estivale. A la différence du moustique commun, il est aussi réputé plus agressif.
Connu pour son adaptabilité remarquable, le moustique tigre a pu coloniser plus de 60 pays et fait aujourd’hui partie des 10 espèces les plus invasives du monde.

Le cycle de la vie… du moustique tigre

Le cycle de vie d’un moustique tigre est semblable à tous les autres genres de moustiques présents sous nos latitudes. La femelle moustique ne s’accouplera qu’une fois durant sa courte vie, ce qui lui permettra ensuite de pondre environ 5 fois. Mais avant de pondre, elle aura besoin de piquer: le sang humain ou animal ainsi ingurgité lui permettra de faire le plein de protéines, nécessaire au développement d’une portée d’environ 200 œufs. Il lui suffira de 48h et d’un nouveau « repas » pour pondre à nouveau. Une femelle moustique tigre pourra donc pondre plus de 1000 œufs au cours de sa vie et vivre jusqu’à un mois, alors que le moustique mâle mourra quelques jours après sa reproduction.

Le stade suivant se produit à proximité des zones humides. Une fois les oeufs pondus au contact de l’eau, l’éclosion se produira. Les larves ainsi formées se transformeront en moustiques en à peine 5 à 6 jours. Les œufs déposés à l’automne sont quant à eux capables de survivre à l’hiver. A noter aussi que le périmètre de vol d’un moustique n’est en général pas supérieur à 400m de son lieu de naissance. Pour que le moustique tigre se développe, il est donc nécessaire qu’il soit en contact avec 2 éléments essentiels à sa survie: de l’eau stagnante et une présence humaine. Cela explique la présence particulièrement importante de l’espèce en zone urbaine et péri-urbaine.

Une progression fulgurante en Europe

Dans son article daté d’avril 2019, la revue scientifique Nature Microbiology apporte quelques éléments très concrets sur les prédictions de la propagation du moustique tigre en Europe. La mise en commun de plusieurs travaux de groupes scientifiques internationaux aura permis de définir sur ces dernières décennies, un taux de propagation du moustique tigre estimé à 100km par an.

En 2018, des chercheurs belges de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers ont comptabilisé plus de 68 moustiques sur 23 points d’entrée potentiels (aéroports, ports, routes commerciales, aires d’autoroute…). Signalée en Belgique depuis l’année 2000, sa présence n’avait pourtant plus été observée depuis 2016. En France, le moustique tigre a été observé pour la première fois en 2004. L’année dernière, on recensait 62 départements de France métropolitaine colonisés, dont 42 en vigilance rouge. Du côté suisse, si la présence du moustique tigre est connue depuis 2003 dans le canton du Tessin, il semblerait qu’il ait été détecté en 2018 à Bâle, Zurich et aux Grisons.

La mise en commun de plusieurs travaux de groupes scientifiques internationaux aura permis de définir sur ces dernières décennies, un taux de propagation du moustique tigre estimé à 100km par an.

A l’origine, le moustique tigre est un adepte des milieux chauds et humides des forêts tropicales, mais il retrouve aujourd’hui les mêmes conditions en Europe, notamment dans les bouches d’égout de nos villes. A l’avenir et en lien direct avec le réchauffement climatique, de nombreuses régions d’Europe deviendront plus chaudes et humides, ce qui pourra de ce fait favoriser encore plus sa propagation.

Moustique mais aussi vecteur

Au vu de la propagation rapide du moustique dans nos régions, faut-il craindre de nouvelles épidémies à l’échelle européenne?
Dans de nombreuses régions tropicales, les moustiques tigres sont vecteurs de maladies bien connues aujourd’hui, telles que le chikungunya, la dengue, le Zika ou encore la fièvre jaune. Ils favorisent la propagation d’un virus d’une personne à une autre.

Cependant, la présence de moustiques tropicaux sous nos latitudes ne présente un risque que très minime pour la santé des populations européennes. En effet, pour qu’un virus se propage d’humain à humain, il est nécessaire que le moustique pique une personne infectée, avant de pouvoir transmettre le virus à un autre individu. La crainte de foyers épidémiques ne pourra donc être envisagée que si le virus et le moustique sont présents au même endroit et au même moment.

En 2018, plusieurs foyers de dengue et de chikungunya ont été déclarés en France métropolitaine, mais aussi en Italie. Si ces cas sont clairement isolés, il est à noter qu’en général ces virus tropicaux arrivent dans nos pays, véhiculés par un voyageur infecté

6 conseils pour lutter contre la propagation du moustique tigre.

S’il n’existe aujourd’hui ni vaccins, ni traitements pour lutter efficacement et de manière préventive contre les maladies transmises par le moustique tigre (excepté la fièvre jaune), il est toutefois possible d’agir de manière locale afin de lutter contre sa propagation. Il est par ailleurs important d’agir sur plusieurs axes, dont deux importants: l’empêcher de se « nourrir » et donc d’entrer en contact avec les humains avec des moyens accessoires (moustiquaires, répulsifs, pièges à moustiques…), et agir sur son milieu naturel essentiel au développement de ses œufs.
Sur ce dernier axe, nous vous proposons 6 conseils simples à appliquer dès aujourd’hui à votre domicile!


Illustration : pixabay
Sources :
– https://vigilance-moustiques.com/
http://itg.be
– http://moustique-tigre.info/


De Jérémie Thirion

Jérémie Thirion
Jérémie Thirion | Infirmier, spécialisé en médecine tropicale | Co-fondateur d'Echo Solidaire

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