Lutter contre le paludisme dans le camp de Nduta

C’est en Tanzanie, dans la région de Kigoma, à quelques kilomètres du lac Tanganyka et de la frontière burundaise, que se trouve le camp de Nduta, l’un des plus importants de la région. Ouvert depuis 2015, ce camp accueille plus de 115’723 réfugiés burundais.

Incidence de la maria vs, le nombre de moustiques anophèles par piège.

Dans le camp de Nduta, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) s’occupe de la santé primaire et secondaire avec 6 postes de santé et un hôpital. En 2017, plus de 150’000 cas de malaria déclarés, dont une majorité de malaria simple, ont été pris en soin dans les structures de MSF.

La région où se trouve le camp est une zone endémique à la Malaria, raison pour laquelle le paludisme présente la fréquence la plus élevée parmi les maladies soignées. Chaque année, il y a une augmentation de moustiques, responsables de la transmission du paludisme, constatées dans cette région suite aux deux périodes de pluie d’octobre à novembre, puis plus forte de février à avril. Implanté dans le camp depuis 2016, et en collaboration avec plusieurs  partenaires locaux, l’équipe de MSF a mis en place plusieurs stratégies de lutte, afin de réduire le nombre de cas annuels de paludisme. Une stratégie en plusieurs axes, avec un seul objectif commun.

 

Mettre en place un contrôle du vecteur

Un des premiers axes de la stratégie de lutte, consiste à agir directement sur le vecteur de la maladie, le moustique anophèle. Pour cela, une équipe de contrôle vectoriel a été mis en place. L’une des activités principale de cette équipe, consiste à analyser la densité des moustiques dans différentes zone du camp. L’utilisation des pièges à moustiques, installés par l’équipe dans le camp, permet alors de calculer la fréquence et la quantité de moustiques selon la zone et la période de l’année. Ainsi, une estimation très précise de la densité dans la zone est calculée grâce aux moustiques attrapés. En plus d’estimer la densité de moustiques, cela permet aussi d’évaluer le type de moustiques présents dans le camp.

Avec ces contrôles effectués depuis 2017, il est possible de faire des analyses plus approfondies de la densité des moustiques et de l’incidence de la malaria. Cela permet de cibler les zones avec une plus grande concentration d’anophèles, et prioriser ou intensifier de nouvelles stratégies pour les populations dans ces zones.

Stopper le vecteur, grâce à la distribution de moustiquaires

En décembre 2017, une distribution massive de moustiquaires a eu lieu dans tous les foyers du camp. Les zones prioritaires, ciblées par l’équipe de contrôle vectoriel, ont ainsi bénéficié des moustiquaires de 2ème génération. Les autres zones ont reçu des moustiquaires de 1ère génération. (1ère génération  = 2 types d’insecticides, efficacité entre 60 à 90% selon la marque / 2ème génération = 2 types d’insecticides et un 3ème qui ne permet pas la métabolisation des 2 premiers insecticides dans le moustique, efficacité à 100%.)

Si la distribution est globalement accepté par la population, le challenge reste avant tout de la faire adhérer à une l’utilisation quotidienne et efficace de ces moustiquaires. Pour augmenter la compliance et l’adhérence à leur utilisation, l’équipe de promotion de la santé passe dans chaque maison et installe directement avec la famille présente, la moustiquaire en dessus de chaque lit.
Depuis le début de l’action, plus de 23’000 maisons/tentes ont été visitées. Au totale, plus de 90% du camp a été couverte par la distribution, soit plus de 41’000 moustiquaires de 2ème génération distribuées par MSF.

 

Promotion de la santé : éduquer et sensibiliser grâce aux messages clés 

Le dernier axe d’action des équipe d’MSF, consiste à organiser des actions de sensibilisation auprès des populations. Avec cette promotion de la santé, MSF essaye de diminuer les cas de paludisme dans le camp,  en transmettant des messages clés et en entretenant des discussions. Cette équipe se trouve principalement dans la communauté et met en place des séances de groupe ou individuelle, dans les différents postes de santé et dans l’hôpital. Pour agir plus efficacement, les messages clés sont systématiquement traduits en kirundi, langue principalement utilisée dans le camp, et adaptés à la compréhensions  de la population.

6 MESSAGES CLES, POUR LUTTER CONTRE LE PALUDISME :
  • Dormir la nuit sous la moustiquaire
  • Si possible, utiliser des insecticides pour la maison et/ou pour la peau
  • Eviter d’avoir de l’eau stagnante à côté de la maison (seau, vase, bidon, …)
  • Eviter l’eau stagnant dans les drainages
  • Les femmes enceintes doivent se rendre au centre santé sexuelle et reproductive (SRH) pour la consultation anténatale et recevoir le traitement préventif contre le paludisme.
  • Reconnaître rapidement les signes de malaria et aller se faire soigner au poste de santé plus proche : fièvre accompagnée de mal de tête et/ou douleur musculaire et/ou transpiration.

Avec ses trois principales activités mises en oeuvre dans le camp, l’objectif  des équipes d’MSF est de voir diminuer les cas de paludisme simple et grave, et d’éviter les décès liés à cette maladie. Dans le futur, une distribution de masse du traitement préventif est prévue pour réduire encore les risques de transmission de la maladie.

Photographies: Lisa Merzaghi

De Lisa Merzaghi

Infirmière puéricultrice spécialisée en médecine tropicale et aide humanitaire

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