Lecture | Born a Crime

En ce 21 mars, journée internationale de lutte contre les discriminations raciales, Echo Solidaire vous propose un éclairage sur cette date symbolique, à travers la biographie de Trevor Noah -“Born a crime”- qui retrace l’enfance d’un enfant sud-africain.

La Journée internationale de lutte contre les discriminations raciales est célébrée le 21 mars de chaque année. Ce jour a été spécifiquement choisi en commémoration de la mort de 69 personnes de couleur noire tuées à Sharpeville, en Afrique du Sud, en 1960.

Lors d’une manifestation pacifique contre les lois relatives aux laissez-passer, imposées par l’Apartheid, la police ouvre le feu en ce jour et tue 69 personnes. Cette loi, contre laquelle manifestaient ces personnes, était une des plus honnies de l’Apartheid. Elle consistait au port obligatoire du passeport intérieur pour les non-Blancs. Après ce massacre, les critiques internationales contre l’Apartheid ont commencé à prendre de l’ampleur. Cependant, ce n’est qu’après les émeutes de 1976 à Soweto (composé de 98% de personnes de couleurs) que des sanctions internationales contraignantes sont imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies à l’Afrique du Sud.

Introduction de l’Apartheid : 1948

C’est le 21 mars 1966 seulement que l’Assemblée Générale des Nations Unies appelle la communauté internationale à doubler d’efforts pour éliminer toutes formes de discrimination raciale.

En 1948, l’Afrique du Sud se voit introduire l’Apartheid par le Parti National, un concept politique de « développement séparé » affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées. La population de l’Afrique du Sud est répartie en quatre groupes raciaux hiérarchiquement distincts : les Blancs, les Indiens, les Colorés (métis) et les Noirs.

Les Colorés sont issus principalement du mélange entre les autres populations, acte totalement défendu et punissable pendant l’Apartheid.

Born a crime, une enfance sud-africaine

En cette journée internationale de lutte contre les discriminations raciales et après avoir rassemblé ces informations, il n’est pas que pertinent ou nécessaire, mais plus un devoir de vous présenter « Born a Crime », une biographie de Trevor Noah, un « colored » d’Afrique du Sud.

Ce livre détaille la vie d’une personne colorée (métis) née en 1984 d’une mère Xhosa et d’un père Suisse-allemand. Parfois drôle, parfois triste et toujours aussi alarmant, cet ouvrage expose un regard déchirant, à travers le vécu de Trevor Noah et sa famille, de la vie en Afrique du Sud sous l’Apartheid et sous l’ère post-Apartheid. Trevor Noah, connu pour être un comédien de renom, récite ici des anecdotes et des souvenirs crus et profondément personnels sur le fait d’être « à moitié blanc, à moitié noir » dans un monde où sa naissance a violé de nombreuses lois, statuts et règlements. En effet, le Gouvernement sud-africain interdisait les relations « interraciales » afin d’éviter la fraternisation des classes supérieures avec des êtres moindres. Pendant l’Apartheid, Trevor ne peut marcher ouvertement ni avec sa mère, noire, ni avec son père, blanc, et se voit privé de plus d’un contact avec son père. Il expose la discrimination raciale à travers les étapes les plus importances de sa vie.

Trevor Noah, fait émerger une réflexion autour de la discrimination raciale, qui est toujours d’actualité dans notre société.

Sans vouloir trop en dévoiler, la lecture de ce livre est essentielle. Non seulement parce qu’il expose l’histoire personnelle de survie de Trevor Noah, mais il décrit surtout l’héritage, la stupidité mesquine et les dégâts de l’Apartheid avec une certaine perspicacité, sagesse et avec une lueur de malice qui ne se retrouve dans aucun autre ouvrage historique ou texte académique.

Trevor Noah, avec son ouvrage et à travers ses émissions sur The Daily Show US, fait émerger une réflexion autour de la discrimination raciale, qui est toujours d’actualité dans notre société. Un fait qui n’est pas seulement pointé du doigt par Trevor Noah, mais également par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le 15 janvier 2019, 53 ans après la première résolution, l’Assemblée Générale des Nations Unies émet la résolution pour l’élimination totale du racisme. Dans son rapport, l’Assemblée voit nécessaire de réaffirme que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et qu’ils ont la capacité de participer de manière constructive au développement et au bien-être de leurs sociétés. La résolution souligne également que toute doctrine de supériorité raciale est scientifiquement fausse, moralement condamnable, socialement injuste et dangereuse et doit être rejetée.

Born a crime, aux éditions “Spiegel & Grau” , 304 pages.

De Shota Dzemaili

Shota Dzemaili
Shota Dzemaili | Assistante de recherche en sciences infirmières, MScSI | Spécialisée en médecine tropicale

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