19 novembre, journée mondiale des toilettes

Sanitaire, WC ou petit coin, le vocabulaire est riche pour désigner les toilettes : en cette journée du 19 novembre, une journée mondiale célèbre ce lieu. Avant d’en rire, focalisons-nous sur les raisons de la mise en place de cette journée. Instauré en 2001 par l’organisation mondiale des toilettes, et reconnu par l’ONU en 2013, cet événement vise à rappeler l’inégalité d’accès à l’assainissement dans le monde et à mettre fin au tabou qui entoure cette problématique.

Inégalité dans l’accès à l’assainissement

L’accès aux toilettes semble acquis pour un bon nombre de personnes. À la maison, au cinéma, à l’école ou encore dans les centres commerciaux, il y a des toilettes partout. Cela est même un droit fondamental reconnu par les Nations unies depuis 2015[1]. Pourtant, d’après les dernières données publiées dans un rapport commun de l’OMS et de l’UNICEF, 4,5 milliards de personnes ne disposent d’aucun accès à des sanitaires adaptés[2].  Déféquer à l’air libre, proche d’un cours d’eau, de champs ou d’habitations est le quotidien de nombreux hommes, femmes et enfants. D’autres font le choix de se retenir durant des heures, voir limitent leur consommation d’eau et de nourriture pour éviter d’aller régulièrement aux toilettes. Honte, insécurité et atteinte à la dignité humaine, voilà à quoi s’exposent ces populations en plus des problématiques liées à l’hygiène et à la santé.

Un problème de santé publique

Si des toilettes existent, celles-ci sont défectueuses et ne possèdent aucun système de gestion de l’eau usée. Les matières fécales ne sont ni recueillies, ni traités et s’écoulent dans les cours d’eau ou dans la terre contaminant rivières, nappes phréatiques et parcelles agricoles. L’eau non traitée est utilisée et consommée par les ménages pour boire, cuisiner, se laver ou cultiver. Ce sont de véritables viviers de microbes qui prolifèrent et transportent des maladies comme la diarrhée ou le choléra et vont jusqu’à causer la mort des personnes les plus fragiles.

Les femmes et les filles premières victimes

Trouver un endroit où se soulager est un parcours du combattant quand il n’y a pas de toilettes à proximité. Cette quête devient rapidement dangereuse pour les femmes et les filles qui, par nécessité, s’éloignent et s’isolent loin des regards faisant face aux nombreux risques d’harcèlements ou d’agressions physiques et sexuelles. Cette absence de sanitaires rend le quotidien plus difficile en période de menstruation par l’absence d’endroit adapté où se changer et faire sa toilette dans le respect de l’intimité. Les écolières sont particulièrement touchées: d’après l’ONG Care, 1 fille sur 10 renonce à sa scolarité le temps de ses menstruations par manque d’infrastructures sanitaires adaptées au sein de l’établissement scolaire[3].

Si l’initiative d’une telle journée peut faire sourire, les conséquences sanitaires et environnementales sont désastreuses. La problématique est telle que l’ONU a fait de l’accès à l’assainissement un de ses Objectifs de développement durable. Le but étant d’assurer, d’ici 2030, l’accès pour tous à des sanitaires adaptés et mettre fin aux défécations à l’air libre.


[1] https://undocs.org/fr/A/RES/70/169
[2] https://www.who.int/water_sanitation_health/monitoring/coverage/jmp-update-2017-graphics/fr/
[3] https://www.plan-international.fr/info/actualites/news/2016-09-23-causes-et-consequences-des-inegalites-des-filles-face-leducation

De Asma Rassouad

Asma Rassouad
Asma Rassouad, consultante en solidarité internationale.

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